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El Desdichado

 

 

El desdichado –le deshérité : ce poème crypté et d’une musicalité parfaite est sans doute le plus célèbre de Nerval. Il s’éclaire à la lecture du reste de son oeuvre et de sa vie, mais aussi de la littérature antique et médiévale (Orphée, la légende de Mélusine).

Je suis le ténébreux, — le veuf, — l’inconsolé,

Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :

Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

 

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,

Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

 

Suis-je Amour ou Phébus ? … Lusignan ou Biron ?

Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;

J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…

 

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

 

***

 

Gérard de Nerval, Les Chimères, 1854.

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