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L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.

Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?

Vois le soleil toujours poudroie à quelque trou.

Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table ?

 

Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,

Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,

Et je dorloterai les rêves de ta sieste,

Et tu chantonneras comme un enfant bercé.

 

Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.

Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme

Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.

 

Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre.

Va, dors ! L’espoir luit comme un caillou dans un creux.

Ah, quand refleuriront les roses de septembre !

 

***

Paul Verlaine, Sagesse, 1880

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