Racine- Phèdre, l’aveu à Œnone
Audio : Marie Bell (Phèdre) et Louise Conte (Œnone) dans une interprétation légendaire de 1953 (Comédie française) L’aveu à Œnone Nous sommes en Grèce, à Trésène. Thésée, mari de Phèdre, est parti on ne sait où à l’aventure, on est sans nouvelle de lui. Restent au palais Hippolyte, fils de Thésée (d’un premier mariage), […]
Baudelaire – Les petites vieilles
Les petites vieilles A Victor Hugo. I Dans les plis sinueux des vieilles capitales, Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements, Je guette, obéissant à mes humeurs fatales, Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Ces monstres disloqués furent jadis des femmes, Éponine ou Laïs ! Monstres brisés, bossusOu tordus, aimons-les ! ce sont encor des […]
Baudelaire – Le génie et l’enfant
Le génie et l’enfant Or, la convalescence est comme un retour vers l’enfance. Le convalescent jouit au plus haut degré, comme l’enfant, de la faculté de s’intéresser vivement aux choses, même les plus triviales en apparence. Remontons, s’il se peut, par un effort rétrospectif de l’imagination, vers nos plus jeunes, nos plus matinales impressions, […]
Baudelaire – Enivrez-vous !
Enivrez-vous Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Et […]
Baudelaire – La belle Dorothée
La belle Dorothée Le soleil accable la ville de sa lumière droite et terrible ; le sable est éblouissant et la mer miroite. Le monde stupéfié s’affaisse lâchement et fait la sieste, une sieste qui est une espèce de mort savoureuse où le dormeur, à demi éveillé, goûte les voluptés de son anéantissement. Cependant Dorothée, […]
Baudelaire – Un hémisphère dans une chevelure
Un hémisphère dans une chevelure Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l’air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que […]
Baudelaire – Chacun sa chimère
Chacun sa chimère Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés. Chacun d’eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu’un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d’un fantassin romain. […]