Littérature française

« Je voudrais bien richement jaunissant… »

Je voudrais bien richement jaunissant
En pluie d’or goutte à goutte descendre
Dans le beau sein de ma belle Cassandre,
Lors qu’en ses yeux le somme va glissant.

Puis je voudrais en taureau blanchissant
Me transformer pour sur mon dos la prendre,
Quand en avril par l’herbe la plus tendre
Elle va, fleur, mille fleurs ravissant.

Je voudrais bien pour alléger ma peine,
Etre un Narcisse, et elle une fontaine,
Pour m’y plonger une nuit à séjour ;

Et si voudrais que cette nuit encore
Fût éternelle, et que jamais l’Aurore
Pour m’éveiller ne rallumât le jour.

 

 Extrait des Amours, première édition, 1552

 

 

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