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Les nerfs et la vie du livre

Tu pratiqueras les artisans de tous métiers de marine, vénerie, fauconnerie, et principalement ceux qui doivent la perfection de leurs ouvrages aux fourneaux : orfèvres, fondeurs, maréchaux, minerailliers, et de là tireras maintes belles et vives comparaisons, avec les noms propres des outils, pour enrichir ton œuvre et la rendre plus agréable ; car, tout ainsi qu’on ne peut dire un corps humain beau, plaisant et accompli, s’il n’est composé de sang, veines, artères et tendons, et surtout d’une naïve couleur, ainsi la poésie ne peut être plaisante, vive ni parfaite sans belles inventions, descriptions, comparaisons, qui sont les nerfs et la vie du livre, qui veut forcer les siècles pour demeurer de toute mémoire victorieux du temps.

 

 

  

Extrait de L’art poétique, 1565

 

 

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