Tous les livres d’Annie Ernaux n’ont pas la même ambition. Certains n’ont aucun intérêt (Le Jeune Homme), d’autres sont très réussis (Une femme). Mais Les Années occupe une place à part tant le défi est grand : se situer à l’intersection d’un groupe social, d’un individu, d’une famille, d’une époque. Je ne sais trop comment, Annie Ernaux réussit à faire sentir la compénétration de tous ces ensembles sans didactique ni sociologie pesante.
Et autant ses autres livres ont été copiés, autant celui-ci ne l’a pas été et ne le sera pas : à mon avis, parce que c’est trop difficile à réussir. Un peu comme Marguerite Yourcenar avec les Mémoires d’Hadrien, une innovation de grande valeur qui n’a donné lieu à aucune descendance.