Littérature française

Marcel
Aymé

Une tendresse lucide

Sa vie

Marcel Aymé est né en 1902 à Joigny, dans l’Yonne. Orphelin de mère, il grandit dans la campagne franc-comtoise. Il est un élève médiocre, mais plutôt doué dans les matières scientifiques. Son projet de suivre des études d’ingénieur se trouve contrarié par une maladie qui l’oblige à s’aliter ; mais c’est à cette occasion qu’il écrit son premier récit, Brûlebois.
C’est ensuite la Table-aux-Crevés, qui obtient le prix Renaudot, puis La Jument Verte, qui le propulse au devant de la scène. Il décide alors de vivre de sa plume. Il habite à Paris et fréquente les artistes de Montmartre mais reste à l’écart du milieu des Lettres parisien ; de fait, le Paris qu’il décrit est un Paris populaire et gouailleur, ou petit-bourgeois, très différent de celui d’André Gide par exemple. Il écrit beaucoup, et jusqu’à sa mort produit essais, pièces de théâtre, romans, nouvelles, contes, qui seront le plus souvent acclamés par le public et méprisés par les critiques littéraires.
« On n’a jamais rencontré personne déclarant qu’il n’aimait pas Marcel Aymé. C’est un très bel écrivain. Un des plus grands qui soient. » C’est Georges Brassens qui l’a dit.

« On est homme d’un milieu, d’un métier, d’une femme, d’une ville, d’une rue, d’une Lavallière, on est porté, balayé, chassé, on ne sait plus ni nord ni sud et quand la vague vous dépose, on a des raisons pour tout expliquer. »

 

Uranus

Marcel Aymé et son époque

Il a souvent abordé les problèmes de son temps, et toujours de manière inattendue. Si la contestation et la rébellion peuvent être assez conventionnelles, et même requises parfois pour exister dans le milieu littéraire, Marcel Aymé posait des questions franchement taboues à son époque et réussissait généralement à se mettre à dos droite et gauche à la fois. Il a questionné par exemple le marché noir, la collaboration et l’épuration avec Uranus, Traversée de Paris, la peine de mort (La Tête des autres) et le racisme dans les milieux populaires (Rue de l’Evangile, La Rue Sans Nom) à une époque où le prolétariat était une vache sacrée. Son biographe le qualifie d'”honnête homme”, et c’est un profil rare dans la littérature. Il disait ce qu’il croyait juste, sans se préoccuper de l’opinion de son public et du sens dans lequel tourne le vent.

« J’ai toujours pensé que les écrivains avaient, moins que tous les autres, le droit de mépriser personne, puisque mépriser, c’est cesser de comprendre. Il me semble aussi que le mépris est le grand recours des criminels, le moyen de s’arranger avec leur conscience. »

 

Lettres

Pourquoi Marcel Aymé est un écrivain extraordinaire

C’est d’abord un auteur qui a un don merveilleux pour raconter des histoires. Quel que soit le sujet, il captive son lecteur : son imagination est une fontaine intarissable. Doué d’une sensibilité infinie, presque douloureuse, il se caractérise aussi par son intelligence et un sens de la mesure, de l’honnêteté, bien rare au XXème siècle et qui le rattacherait plutôt au XVIIème siècle. Il sait jouer avec le fantastique, le surnaturel, d’une façon qui n’appartient qu’à lui.

De l’entre-deux-guerres aux années 60, il met en scène, en romans, en nouvelles, en Contes, le monde qu’il voit et qu’il connaît : les paysans franc-comtois, les artistes de Montmartre, la petite-bourgeoisie provinciale et parisienne. Dialoguiste incomparable pouvant jouer dans tous les registres, du patois jurassien à l’argot des faubourgs de Paris, c’est un écrivain capable de faire sonner la voix de ses personnages selon leur timbre propre, leur singularité, avec une grande justesse et toujours beaucoup d’humour.

"Je m’assois pendant trois mois devant ma table. De préférence, le soir. Ce n’est pas que la lune m’inspire, mais en général le téléphone ne sonne pas la nuit."

 

Interview

Sa place dans l'histoire de la littérature

Ni à gauche ni à droite, Marcel Aymé est un écrivain n’appartenant à aucune école, aucun parti. Très provincial sans être régionaliste, indifférent aux querelles littéraires de son temps, il est un écrivain atypique dans le paysage littéraire français du milieu du XXe siècle.

"Le critique se montre beaucoup moins soucieux d'éclairer l'opinion que de paraître intelligent."

 

Interview

Œuvres principales - extraits

 « Ouvrir un livre est une des belles aventures de la vie. L’auteur nous prend par la main et, avec des prévenances de plume, des œillades et des chuchotements, nous entraîne à travers un monde de sa création. Le préfacier, qui prétend s’introduire en tiers dans ce tête-à-tête et assaisonner l’aventure de ses profitables observations, n’est évidemment qu’un malotru. »

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