• Matthieu
      Maître des clés

      Parce qu’il est vif et gai dans ses dialogues et dans ses histoires, Diderot passe pour un philosophe optimiste et lumineux. Mais toutes les questions qu’il agite seront l’objet de sombres méditations au XIXe siècle. Quel est le sens de la vie sans Dieu ? Comment fonder la morale ? Comment être heureux dans un monde chaotique ? D’autre part, il a mis une énergie considérable à constituer cette encyclopédie, la première entreprise cherchant à rassembler toutes les connaissances humaines. Et il s’ensablera un peu dans son effort, entre les doublons, la tyrannie de la censure, l’autocensure de l’éditeur… Le progrès des sciences et des arts n’est pas un chemin bordé de roses. Et même si l’on débarrasse la terre du fanatisme religieux, demeurent les maladies, les contradictions du désir, le désespoir amoureux, la jalousie, la rivalité (Le Neveu de Rameau)… Diderot n’esquive pas ces questions. C’est ce qui en fait un écrivain complexe, qui vaut mieux que son image parfois réductrice de héros des Lumières !

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