Littérature française

Voici un panaché des maximes de La Rochefoucauld présentées dans un ordre thématique. Certaines d’entre elles renvoient à un texte littéraire susceptible de les éclairer -ou de les contester. Un excellent moyen de déambuler parmi les auteurs et les siècles !

L'amour-propre

III

 

« Quelques découvertes que l’on ait faites dans le pays de l’amour-propre, il y reste encore bien des terres inconnues »

 

CXXXVIII

 

« On aime mieux dire du mal de soi-même que de n’en point parler. »

 

 

Eclairé par :

CDV

 

« L’envie de parler de nous, et de faire voir nos défauts du côté que nous voulons bien les montrer, fait une grande partie de notre sincérité. »

 

 

Eclairé par :

CDLXVIII

 

« Ce qui rend les douleurs de la honte et de la jalousie si aiguës, c’est que la vanité ne peut servir à les supporter.»

CCCXI

 

« Nous pardonnons souvent à ceux qui nous ennuient ; mais nous ne pouvons pardonner à ceux que nous ennuyons. »

 

L'amour

CXXXVI

 

« Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour. »

 

 

Eclairé par :

DXXIV

 

« Il y a des gens si remplis d’eux-mêmes, que, lorsqu’ils sont amoureux, ils trouvent moyen d’être occupés de leur passion, sans l’être de la personne qu’ils aiment. »

 

 

Eclairé par :

CCCXXXI

 

« Il y a dans la jalousie plus d’amour-propre que d’amour. »

 

CCCXXXVII

 

« On pardonne tant que l’on aime. »

 

CCCXCIII

 

« C’est presque toujours la faute de celui qui aime, de ne pas connaître quand on cesse de l’aimer. »

 

DXIV

 

« On passe souvent de l’amour à l’ambition ; mais on ne revient guère de l’ambition à l’amour. »

 

 

Contesté par :

  • Stendhal, Le Rouge et le Noir

 

Les limites de l'homme

LXXXIX

 

« Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement. »

 

CVI

 

« Pour bien savoir les choses, il en faut savoir le détail ; et comme il est presque infini, nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites.»

 

 

Eclairé par :

CDLXXXVII

 

« Il y a un excès de biens et de maux qui passe notre sensibilité. »

 

 

Eclairé par :

CCL

 

« Il s’en faut bien que nous connaissions toutes nos volontés. »

 

 

Eclairé par :

XLIX

 

« On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on se l’imagine »

 

 

Eclairé par :

CCCXLIV

 

« Il en est de certaines bonnes qualités comme des sens ; ceux qui en sont entièrement privés ne peuvent ni les apercevoir ni les comprendre. »

 

 

Eclairé par :

L'âge

CDXXVII

 

« Nous arrivons tout nouveaux aux divers âges de la vie, et nous y manquons souvent d’expérience malgré le nombre des années. »

 

CDXLV

 

« Peu de gens savent être vieux. »

 

CCCXLVIII

 

« Les passions de la jeunesse ne sont guère plus opposées au salut que la tiédeur des vieilles gens. »

 

CCLXXIX

 

« La jeunesse est une ivresse continuelle ; c’est la fièvre de la raison. »

 

 

Voir aussi :

La conversation

CDXLIII

 

« La confiance fournit plus à la conversation que l’esprit. »

 

 

Eclairé par :

CXXXIX

 

« Une des choses qui fait que l’on trouve si peu de gens qui paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c’est qu’il n’y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu’il veut dire, qu’à répondre précisément à ce qu’on lui dit. Les plus habiles et les plus complaisans se contentent de montrer seulement une mine attentive, en même temps que l’on voit dans leurs yeux et dans leur esprit un égarement pour ce qu’on leur dit, et une précipitation pour retourner à ce qu’ils veulent dire ; au lieu de considérer que c’est un mauvais moyen de plaire aux autres, ou de les persuader, que de chercher si fort à se plaire à soi-même, et que bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu’on puisse avoir dans la conversation. »

 

Eclairé par :

CCCLXXV

 

« La plupart des jeunes gens croient être naturels lorsqu’ils ne sont que mal polis et grossiers. »

 

CXLII

 

« Comme c’est le caractère des grands esprits de faire entendre en peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits, au contraire, ont le don de beaucoup parler et de ne rien dire. »

CCCXX

 

« Pourquoi faut-il que nous ayons assez de mémoire pour retenir jusqu’aux moindres particularités de ce qui nous est arrivé, et que nous n’en ayons pas assez pour nous souvenir combien de fois nous les avons contées à la même personne ? »

 

La mort

XXI

 

« Ceux qu’on condamne au supplice affectent quelquefois une constance et un mépris de la mort, qui n’est en effet que la crainte de l’envisager ; de sorte qu’on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs yeux. »

 

Eclairé par :

 

XXVI

 

« Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. »

 

 

Eclairé par :

DXXVIII

 

« On peut avoir divers sujets de dégoûts dans la vie ; mais on n’a jamais raison de mépriser la mort. »

 

DXXVIII

 

« Les plus habiles et les plus braves sont ceux qui prennent de plus honnêtes prétextes pour s’empêcher de la considérer ; mais tout homme qui la sait voir telle qu’elle est trouve que c’est une chose épouvantable. »

 

 

Eclairé par :

DXXVIII

 

« C’est nous flatter, de croire que la mort nous paraisse de près ce que nous en avons jugé de loin, et que nos sentiments, qui ne sont que faiblesse, soient d’une trempe assez forte pour ne point souffrir d’atteinte par la plus rude de toutes les épreuves. »

 

 

Eclairé par :

Les passions

X

 

« Il y a dans le cœur humain une génération perpétuelle de passions, en sorte que la ruine de l’une est presque toujours l’établissement d’une autre. »

 

 

Eclairé par :

XLIII

 

« L’homme croit souvent se conduire lorsqu’il est conduit ; et pendant que par son esprit il tend à un but, son cœur l’entraîne insensiblement à un autre. »

 

 

Eclairé par :

CCLXXIV

 

« C’est se tromper que de croire qu’il n’y ait que les violentes passions, comme l’ambition et l’amour, qui puissent triompher des autres. La paresse, toute languissante qu’elle est, ne laisse pas d’en être souvent la maîtresse ; elle usurpe sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie ; elle y détruit et y consume insensiblement les passions et les vertus. »

 

 

Eclairé par :

CCLXXXIV

 

« L’absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu. »

 

 

Eclairé par :

CDLXXXIII

 

« Il s’en faut bien que nous connaissions tout ce que nos passions nous font faire. »

 

 

Eclairé par :

DVIII

 

« Ceux qui ont eu de grandes passions se trouvent toute leur vie heureux et malheureux d’en être guéris. »

 

L'envie

XXVII

 

« On fait souvent vanité des passions, même les plus criminelles ; mais l’envie est une passion timide et honteuse que l’on n’ose jamais avouer. »

CCCIIC

 

« L’envie est détruite par la véritable amitié, et la coquetterie par le véritable amour. »

CCCXXXV

 

« L’envie est plus irréconciliable que la haine. »

 

 

CCCCLV

 

« La plus véritable marque d’être né avec de grandes qualités, c’est d’être né sans envie. »

 

 

Eclairé par :

L'intérêt

XXXIX

 

« L’intérêt parle toutes sortes de langues et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé. »

 

 

Eclairé par :

  • Molière, Tartuffe

CLXXI

 

« Les vertus se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. »

 

CCLXI

 

« L’intérêt met en œuvre toutes sortes de vertus et de vices. »

 

 

CCCXII

 

« L’intérêt, que l’on accuse de tous nos crimes, mérite souvent d’être loué de nos bonnes actions. »

 

 

CCCCXII

 

« On renonce plus aisément à son intérêt qu’à son goût. »