Littérature française

La France entame le XXᵉ siècle tambour battant, confiante en elle-même, en ses colonies, en ses Lumières, en ses vertus. Puis c’est la première guerre mondiale. Encore aujourd’hui, on ne sait pas très bien qui porte la responsabilité du déclenchement de cette guerre. Ce que l’on connaît en revanche, c’est la portée du désastre, qui la rend difficile à imaginer aujourd’hui : en cinq ans 1,45  million de morts pour la France, 1,9 million de blessés, c’est-à-dire 30 % de la population masculine active.

Ce conflit marque une césure dans l’histoire de notre pays et dans l’histoire de l’Europe. Le progrès technique dont l’Europe était si fière, s’est retournée contre elle. Toute une génération est envoyée à l’abattoir dans une folie collective incontrôlable. Au sortir de la guerre, la France est un peu déboussolée. Le progrès continue (on installe l’électricité partout notamment) mais le ver est dans le fruit.

Les années 20 et 30 seront les « années folles » d’une France secouée économiquement et culturellement. Alors que le fascisme gagne en Italie et en Allemagne, la France tergiverse, s’affronte à travers l’extrême droite et la gauche. Un appétit de destruction et de révolution saisit les Lettres françaises, avec le dadaïsme et le surréalisme. En 1940, c’est la claque : le pays est envahi par l’Allemagne en quatre semaines. L’Etat bascule dans la collaboration. Les juifs de France sont traqués, pourchassés, envoyés à l’Est dans des camps d’extermination.

Assez curieusement, la France et l’Europe seront  beaucoup plus prompte à se redresser économiquement au sortir de la guerre que pendant les années folles : c’est ce qu’on a appelé les 30 glorieuses (1946-1975). Mais l’équilibre des forces a changé au niveau international. L’Europe a perdu sa place de leader. Après 1945, le monde se positionne selon les Etats-Unis d’Amérique ou bien l’URSS.  Le Gaullisme essaie bien de peser davantage, mais les jeux sont faits : la France est désormais une puissance du passé, influente par son histoire plus que par son présent.

L’exode rural se poursuit. En 1900, près d’un français sur deux travaillait dans les champs. A la fin du siècle ils ne seront plus que 3 % : c’est une mutation majeure, économique mais aussi culturelle.

On s’équipe considérablement. Les enfants ne meurent plus en bas-âge, on ne sert plus de vin rouge à la cantine et on commence à vivre très vieux.

Tout le monde communique à tout allure et sur différents supports : la voiture, l’avion, le téléphone, bientôt internet.

Après avoir obtenu le droit de vote, les femmes commencent à donner de la voix et réclament plus de droits et de considération, comme aussi la fin du patriarcat. Les cellules familiales sont éclatées : plus libres, les parents divorcent davantage, les jeunes partent travailler ailleurs, les vieux s’entassent dans des maisons de retraite où ils attendent leur fin, aussi inutiles que des vieux sabots, dans un monde économique et culturel reposant désormais sur la jeunesse et l’innovation.

La langue française au XXᵉ siècle

Sur la lancée du siècle précédent, le vocabulaire spécialisé (technique, scientifique, artistique) se développe fortement.

De nombreux mots sont lancés dans la langue usuelle, à partir de trois modes de création principaux : juxtaposition de deux noms (tarte-maison, lampe-torche, surprise-partie, couscous-merguez, voiture-balai…), adjonction d’un suffixe (-iste, –age, –eur, –iser…), ou encore troncation (ciné pour cinématographe, apéro pour apéritif, vélo pour vélocipède, auto pour automobile.

Les anglicismes sont nombreux (cool, black, off, out, in, loser, etc.), même si souvent les mots anglais empruntés viennent eux-mêmes du français (suspense, challenge, customiser, etc.)

Le nous tend à disparaître à l’oral, ainsi que le passé simple, de moins utilisé à l’écrit également. L’écart entre langue parlée et langue écrite augmente.